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Je ne suis pas né vigneron

Pourquoi je suis devenu vigneron ?
Pourquoi je suis devenu vigneron ?

Je ne suis pas né dans les vignes. Je ne suis pas l'héritier d'une longue lignée de propriétaires. Mon parcours est ailleurs. J'ai créé des entreprises, développé des projets, créé notamment le site de recettes de cuisine 750g.com. Et pourtant, c'est bien le vin qui m'a rattrapé.

Parce que le vin est une passion depuis longtemps...

J'ai découvert le monde fascinant du vin alors que j'étais étudiant à Lille dans le milieu des années 1990. Une révélation pour moi. Un sujet qui rapproche le sensible du savoir. Compliqué de déguster si on n'a pas quelques connaissances. Compliqué d'apprendre, si on ne fait pas attention à ce que l'on déguste, si on ne fait pas appel à ses sens. C'était décidé, j'allais travailler dans le vin. Et si je pouvais, je serai un jour vigneron.

Devenir vigneron, c'était un rêve inaccessible...

Parce qu'il faut pouvoir acheter des vignes... Parce qu'il faut pouvoir acheter du matériel (et il en faut beaucoup)... Parce qu'il faut pouvoir travailler pendant des années avant d'avoir une bouteille à vendre. Autant dire que si on n'hérite pas, c'est très compliqué de devenir vigneron. Et puis, le site Internet 750g.com que j'avais lancé en y passant mes soirées, en projet parallèle à un métier qui me faisait vivre, s'est mis à grandir, grandir... jusqu'au jour, où un monsieur est venu me voir pour me racheter ce site à un prix que je ne pouvais pas refuser. Cela a été un déclic. Je pouvais enfin devenir vigneron, faire ce dont j'avais toujours rêvé.

Me voilà en quête de terroirs...

J'ai des attaches girondines. J'y ai passé mon enfance à La Réole (à 15km du domaine). Donc je me suis mis à chercher là. Pas simple de trouver des vignes à ce moment-là. En 2016, c'était l'âge d'or du vin. Tout se vendait très bien. Les voisins essayaient toujours de préempter, de racheter les vignes de leur voisin qui partaient à la retraite. C'est par un ami que j'ai appris que les vignes de Jean Sourget étaient en vente, ainsi que celles de Jean-Marc Bridet, non loin de là. Une rencontre, un coup de cœur, quelques discussions et me voilà propriétaire de 27 hectares à Saint-Pierre de Mons.

Mais maintenant, quelle histoire raconter ? Il y a 5000 châteaux à Bordeaux. Tous implantés depuis longtemps, avec leur savoir-faire, les réseaux de commercialisation. Autant dire que si je faisais la même chose, je n'avais aucune chance. Très vite, je me suis donc demandé ce qu'il y avait comme cépages dans nos vignes autrefois, inspiré par le travail fait par Robert Plageoles à Gaillac. Impossible de trouver les réponses à mes questions. Aucun livre ne parlait de cette histoire, tous faisaient l'apologie des cépages actuels de Bordeaux. À croire que l'histoire avait été écrite par les gagnants et, dans cette histoire, les gagnants étaient sans conteste le Merlot et le Sauvignon. Je me suis donc plongé dans le territoire, fait un travail d'historien à mes heures perdues pour retrouver ces variétés qui étaient dans nos vignes autrefois. Et j'ai tiré la pelote de laine. 5 cépages anciens, puis 10, 25... et maintenant près de 70. Le vignoble de Bordeaux a un patrimoine incroyable et personne ne s'y intéresse. De ce travail de recherche, est sorti un livre : « Bordeaux, une histoire de cépages » (Éditions BBD), fruit de cinq années de recherches pour reconstituer le puzzle et comprendre les raisons du choix des cépages bordelais actuels. Les cépages disparus de Bordeaux constituent en effet un pan entier de l'histoire viticole de la région.

Voilà ma quête, replanter tous ces cépages...

Je suis comme un gamin. Je pense cépages, je vis ces cépages. Je n'ai d'autre mission que de replanter tous ces cépages, un par un. Déjà un peu plus de 40 sur le domaine, une véritable quête de cépages d'antan. Il y en a tellement que nous avons mis en place un conservatoire où il y aura un rang par cépage. Pour les observer, les comprendre, voir ce qu'ils pourront apporter face au réchauffement climatique.

Mais la vie de vigneron n'est pas si rose...

Depuis 10 ans, je n'ai pas connu une année sereine. Gel, grêle, canicule, maladies. Les 10 fléaux d'Égypte. Pas un euro de rémunération en 10 ans, et j'arrive à mes limites financières personnelles pour combler les déficits. Dans les saisons qui se succèdent, la grêle, le gel et la canicule sont autant de défis à surmonter. Donc maintenant, il faut vendre du vin. On s'y attelle. Myrtille à mes côtés est en charge des ventes. On se démène, mais c'est dur parce que la crise, parce que l'on consomme moins de vin, parce que l'Ukraine...

Mais ne nous cherchons pas d'excuses, on va réussir...

Parce que la passion vainc toujours... Parce que notre mission est d'intérêt public, il faut faire vivre ce patrimoine... Parce que les premières bouteilles de cuvées de cépages d'autrefois nous donnent raison. Nous sommes des vignerons engagés à Bordeaux pour préserver et valoriser l'extraordinaire diversité des cépages oubliés.

Si vous voulez nous donner un coup de main...

Notre démarche n'est pas uniquement guidée par des considérations économiques. Elle vise à sauvegarder un patrimoine viticole, notamment en replantant à Bordeaux des cépages oubliés. Le développement de Château Cazebonne dépend du soutien de nos clients. Nous vous invitons à découvrir nos vins en ligne, ce qui contribue directement à la pérennité de notre projet. Ces efforts, combinés à une passion certaine, ont engendré des vins reconnus par la presse, dont la documentation est disponible sur notre page dédiée. Pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances, n'hésitez pas à tester vos acquis via nos quizz œnologiques, ou à télécharger le livre « Bordeaux, une histoire de cépages », qui détaille notre réintroduction des cépages anciens. Ce travail est rendu possible grâce au soutien des amateurs qui ont adopté nos vins.

Sources

  • Bordeaux, une histoire de cépages — Jean-Baptiste Duquesne, BBD éditions — Partie 1
  • Bordeaux, une histoire de cépages — Jean-Baptiste Duquesne, BBD éditions — Partie 2

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