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Un illustre propriétaire pour les vignes de Cazebonne

Nicolas de la Reynie

Nicolas de la Reynie, figure emblématique du XVIIe siècle, a vu sa carrière débuter et se former dans la région de Bordeaux. Issu d'études de droit, il s'est d'abord illustré comme avocat, puis comme président du présidial de Guyenne. Son ascension professionnelle prend un essor significatif lorsqu'il est remarqué par Jean-Louis de Nogaret de La Valette, le duc d’Épernon et gouverneur de Guyenne, qui le nommera intendant durant la période tumultueuse de la Fronde. Le duc d'Épernon, personnage influent de son temps, fut mêlé aux affaires politiques des règnes de Henri III, Henri IV et Louis XIII, et est connu pour avoir fait construire le château de Cadillac. Cette connexion met en lumière l'importance des réseaux bordelais dans l'orientation de la carrière de La Reynie.

Son parcours

Le parcours de Nicolas de la Reynie est singulier, notamment par ses liens avec l'élite bordelaise. En janvier 1645, son mariage avec Antoinette Desbarats, fille d’un avocat au parlement de Bordeaux, ancre davantage sa position. Un événement majeur survient en 1655 : il hérite d'une part substantielle des biens de Jacques Ardent, avocat, jurat de Bordeaux et propriétaire foncier. Cet héritage comprend les terres de Respide et Peyron, riches en vignes, terres labourables, bois et prairies, situées dans la baronnie de Langon. Les ouvrages d'agronomie de Jacques Ardent, tels que « L’agriculture et maison rustique », montrent l'intérêt précoce porté à la viticulture dans ces domaines.

Pourquoi Paris est devenu la 'Ville lumière'

La Reynie fut ensuite nommé lieutenant général de police à Paris en 1667 par Colbert, poste qu'il occupera pendant trois décennies. Son mandat est marqué par des réformes structurantes, comme l'amélioration de la sécurité et l'instauration de l'éclairage public, faisant de Paris la « Ville Lumière ». Son action ne se limite pas à l'urbanisme ; il joua un rôle politique majeur en réprimant les pamphlétaires et en appliquant les mesures de la Révocation de l'Édit de Nantes. L'affaire des poisons, qu'il présida de 1679 à 1682 à la Chambre ardente, illustre sa rigueur dans les affaires d'État. Malgré ses responsabilités parisiennes, il conserva un lien avec ses propriétés bordelaises, gérées par procuration, où sa femme résidait au lieu noble de Respide.
De là à dire que sans Château Cazebonne, Paris ne serait pas devenu ce qu'il est devenu, il n'y a qu'un pas...

Ses vignes à Saint-Pierre de Mons

Nicolas de la Reynie était propriétaire de nombreuses parcelles qui constituent aujourd'hui une partie du Château Cazebonne, en particulier celles du lieu-dit Peyron, où est implanté notre chai actuel. Une carte datant des alentours de 1700, que nous avons retrouvée et dont un arpentement de 1697 est disponible, atteste de sa propriété sur l'ensemble des parcelles de la commune de Saint-Pierre de Mons. Cela souligne la connexion historique profonde entre le domaine et cette figure du XVIIe siècle. Le document intitulé « Langon, Toulenne et Saint-Pierre de Mons » mentionne d'ailleurs que la commune de Saint-Pierre de Mons était bornée au nord par la Garonne, et que ses vins étaient commercialisés à des prix habituels dans les bonnes années entre 190 et 200 francs le tonneau de 912 litres. Le livre souligne la présence de propriétaires comme « Dutil » possédant un domaine à la Graveyre (Respide) et soulignait déjà les "fonds de sables assez sujets à la gelée". Nous nous efforçons de respecter ce terroir hérité, cultivant nos vieilles vignes avec soin.

Les terroirs de la Reynie

Les terres dont Nicolas de la Reynie était propriétaire, dans la baronnie de Langon, englobaient des terroirs variés et historiques. Aujourd'hui, ces terres font partie intégrante du domaine de Château Cazebonne, s'inscrivant dans l'héritage d'une riche géologie viticole. Parmi les terroirs identifiés:

  • Respide : Un lieu noble où résidait son épouse, et un des domaines mentionnés dans l'héritage de Jacques Ardent (non propriété du domaine aujourd'hui)

  • Peyron : Crucial pour Château Cazebonne, car il abrite aujourd'hui notre chai. Une carte de 1697 intitulée « Arpentement de La Reynie à Peyron » confirme l'importance de ce lieu.

  • La Graveyre : Également mentionné comme propriété de Dutil dans la commune de Toulenne, ce nom témoigne de la richesse et de la diversité des sols de l'époque, souvent sableux et sujets aux gelées selon les documents de l'époque (non propriété du domaine aujourd'hui).

Ces lieux sont le cœur de nos vignes actuelles. Les parcelles de Peyron étaient notamment mentionnées comme produisant des vins avec des prix habituels dans les bonnes années, soulignant la pertinence viticole de ce terroir bien avant notre époque.

Tout comme Nicolas de la Reynie a œuvré pour structurer et moderniser son époque, nous nous attachons à Château Cazebonne à replanter à Bordeaux des cépages qui avaient disparu, contribuant ainsi à l'enrichissement du patrimoine viticole pour les générations futures. Ce travail est rendu possible grâce au soutien des amateurs qui ont adopté nos vins, et qui sont invités à découvrir notre livre blanc sur l'histoire des cépages bordelais, à tester leurs connaissances via nos quizz œnologiques, ou à explorer notre boutique en ligne pour savourer le fruit de cette démarche.

Carte de Saint-Pierre de Mons vers 1700 avec les parcelles propriété de Nicolas de la Reynie
Carte de Saint-Pierre de Mons vers 1700 avec les parcelles propriété de Nicolas de la Reynie
Gabriel Nicolas de La Reynie, portrait peint par Pierre Mignard.
Gabriel Nicolas de La Reynie, portrait peint par Pierre Mignard.

Sources

  • La Reconstitution des vignobles dans le canton de Cadillac — Partie 6

L’héritage de Nicolas de la Reynie comprenait des vignes à Peyron, ce terroir historique donnant aujourd’hui Feldspath de Peyron, un vin issu à 100 % de sauvignon.

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