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Cazebonne

Au Moyen Âge déjà

L'histoire de Cazebonne se fonde sur des hypothèses antérieures aux documents écrits. L'analyse toponymique suggère une origine ancienne du nom "Cazebonne". Il est possible que ces terres aient été cultivées, avec de la vigne en "joualles", dès le XIIIe ou le XIVe siècle. Un testament de Jean de Grely rapporte l'exportation de 41 739 tonneaux de vin depuis Langon vers l'Angleterre. Les vins de Cazebonne et du Peyron figurent probablement parmi ces cargaisons qui ont contribué à la réputation du claret bordelais.

Cette période médiévale, bien que moins documentée, pose les fondations d'une vocation agricole et viticole qui perdurera à travers les siècles. Les lieux de culture sont souvent choisis pour leur fertilité et leur exposition, des qualités que le terroir de Cazebonne a sans doute offertes depuis toujours.

Nicolas de la Reynie

L'histoire de Château Cazebonne se précise au XVIIe siècle avec l'implication de personnalités. Nicolas de la Reynie, formé à Bordeaux et ayant exercé comme avocat, fut président du présidial de Guyenne avant de devenir intendant durant la Fronde. Son mariage en 1645 avec Antoinette Desbarats, fille d'un avocat bordelais, et un héritage en 1655 de Jacques Ardent, avocat et jurat de Bordeaux, lui permirent d'acquérir des propriétés dans la baronnie de Langon, incluant terres et vignes. À partir de 1655, donc, il est attesté comme propriétaire de parcelles à Cazebonne et de vignes sur Langon et Saint-Pierre de Mons, certaines de ces parcelles, notamment au lieu-dit Peyron, sont aujourd'hui intégrantes de Château Cazebonne. Une carte des environs de 1700 atteste de ses propriétés sur la commune de Saint-Pierre de Mons. En 1667, il fut nommé lieutenant général de police à Paris, fonction qu'il occupa trente ans. Il est reconnu pour ses réformes visant à améliorer la sécurité urbaine, à mettre en place l'éclairage public et à organiser la propreté des rues. Son action s'étendait également à la politique, illustrée par la répression des pamphlétaires et l'application des mesures liées à la Révocation de l'Édit de Nantes. Il présida notamment la Chambre ardente lors de l'affaire des poisons de 1679 à 1682. Son engagement public ne l'empêcha pas de maintenir, par procuration, un lien avec ses biens bordelais.

La famille de Castelnau

Le XVIIIe siècle marque l'arrivée et l'enracinement de la famille de Castelnau, propriétaires de Cazebonne. En 1700, Messire Pierre de Castelnau, conseiller du roi et maire de Langon, est identifié comme propriétaire. Son influence et son statut témoignent de l'importance politique et sociale du domaine.

La lignée des Castelnau maintiendra son emprise sur Cazebonne pendant plusieurs générations, consolidant le lien entre la famille et la terre. En 1840, Joanès de Castelnau, quatrième génération de la famille, assumait les fonctions de maire de Saint-Pierre-de-Mons, résidant au cœur même de Cazebonne. Ce long engagement familial a façonné l'identité du domaine, inscrivant ses traditions dans une histoire locale riche et continue. Vous pourrez en apprendre davantage sur cette famille en consultant la nécrologie de Pierre de Castelnau rédigée par son fils en 1740, qui éclaire sur les liens étroits entre les Castelnau et le domaine. L'approfondissement de l'histoire de la vigne s'inscrit au cœur des préoccupations de Cazebonne, comme en témoigne notre volonté de revisiter les cépages d'antan.

La période plus moderne

Le domaine de Cazebonne a évolué au cours des siècles. Les surfaces actuellement cultivées incluent des terres exploitées par la famille Bridet à Cazebonne, sur les parcelles héritées des Castelnau, et par Jean Sourget à Peyron-Bouché, qui en fit l'acquisition après guerre. Jean Sourget a conduit ce domaine jusqu'en 2016, date de sa cession. Actuellement, Château Cazebonne privilégie une approche moderne axée sur la durabilité et le respect de l'environnement. Le domaine, d'une superficie de 30 hectares en vignes, est entièrement cultivé en agriculture biologique.

Jean-Baptiste Duquesne, travail sur l'histoire du vin de Bordeaux

L'histoire du vin de Bordeaux est une mosaïque complexe, et le livre de Jean-Baptiste Duquesne, Bordeaux, une histoire de cépages, apporte un éclairage précieux sur les évolutions du vignoble. Cet ouvrage nous invite à redécouvrir un patrimoine ampélographique riche, souvent oublié au profit d'une uniformisation progressive. Il met en lumière l'existence et l'importance passée de nombreux cépages qui, bien qu'ayant joué un rôle prépondérant dans l'encépagement bordelais, ont été délaissés au fil du temps. Château Cazebonne, inspiré par cette richesse historique, s'est engagé dans la replantation des cépages oubliés de Bordeaux, créant un conservatoire in situ unique, notamment avec des variétés comme le Saint-Macaire ou d'autres cépages disparus de Bordeaux. Ce travail de fond est essentiel pour comprendre les racines de notre terroir et en restituer toute la diversité, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour le renouveau de Bordeaux.

En replantant ces cépages oubliés, Château Cazebonne écrit un nouveau chapitre de l'histoire viticole de Bordeaux, un travail rendu possible grâce au soutien continu des amateurs de vin. Pour approfondir vos connaissances sur cette fascinante épopée et l'ensemble des variétés qui ont façonné le vignoble bordelais, n'hésitez pas à télécharger le livre "Bordeaux, une histoire de cépages". Vous pouvez également tester vos connaissances sur les cépages et l'histoire du vin à travers nos quizz œnologiques, et bien sûr, découvrir l'expression unique de notre terroir en explorant la boutique de Cazebonne. D'ailleurs, si notre histoire vous touche, vous trouverez peut-être des similitudes avec pourquoi je suis devenu vigneron. Par ailleurs, la presse parle de Cazebonne régulièrement, témoignant de l'intérêt porté à notre approche singulière, notamment après que Chef Damien ait déclaré aimer Cazebonne.

Sources

  • Bordeaux, une histoire de cépages — Jean-Baptiste Duquesne, Éditions BBD

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