L'incontournable6 × Entre Amis rouge
6 bouteilles — Graves rouge 2022
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J'en profiteHistoire
Le vin, bien plus qu'une simple boisson, est le fruit d'une histoire fascinante et complexe qui remonte à plus de 8000 ans. Les premières traces de vinification, ces preuves éloquentes de la transformation du raisin en nectar, nous transportent jusqu'en Géorgie, où l'ingéniosité humaine a su, très tôt, percer les secrets de la fermentation. De cette région du Caucase, berceau de la viticulture, la vigne a entrepris un voyage épique à travers les continents, s'adaptant, évoluant et se métamorphosant au gré des climats, des sols et des cultures.
Au fil des millénaires, l'homme n'a eu de cesse de parfaire cet art, faisant de la sélection variétale une quête incessante. Chaque terroir, avec ses particularités géologiques et climatiques, a dicté l'émergence de cépages uniques, façonnant ainsi la diversité incroyable des vins que nous connaissons aujourd'hui. Des Égyptiens aux Romains, en passant par les Grecs, les civilisations antiques ont élevé la viticulture et la vinification au rang d'art, intégrant le vin dans leurs rituels, leurs banquets et leur quotidien. L'arrivée de la vigne en Gaule, sous l'impulsion des Phocéens puis des Romains, marque le début d'une nouvelle ère, notamment dans le Bordelais où le climat tempéré et les sols variés se prêtent merveilleusement à son épanouissement.
À Bordeaux, cette histoire est particulièrement riche et a connu, comme le souligne l'ouvrage "Bordeaux, une histoire de cépages" de Jean-Baptiste Duquesne, des évolutions profondes. Pendant des siècles, la région a vu prospérer une diversité de cépages bien plus vaste que celle que nous connaissons actuellement. Des variétés aujourd'hui rares, voire oubliées, constituaient autrefois l'épine dorsale du vignoble bordelais, chacune apportant sa propre nuance au profil aromatique des vins. Les aléas du temps, les épidémies dévastatrices comme le phylloxéra au XIXe siècle, les préférences du marché tournées vers certains cépages "nobles" ou encore les politiques agricoles, ont malheureusement conduit à la quasi-disparition de certaines de ces variétés ancestrales, véritables trésors de notre patrimoine viticole.
C'est précisément dans cet esprit de préservation et d'innovation que Château Cazebonne s'inscrit aujourd'hui. Nous avons entrepris un travail audacieux et passionnant : celui de replanter à Bordeaux ces cépages autrefois oubliés, contribuant ainsi à la sauvegarde de la biodiversité viticole et à la redécouverte de profils aromatiques inattendus. Cette démarche pionnière nous permet de redonner vie à des saveurs et des arômes disparus, offrant une nouvelle perspective sur l'identité des grands vins de Bordeaux.
L'histoire de la vigne et du vin est une chronique qui traverse les civilisations et les continents. Si les premières cultures de vigne et productions de vin sont attestées en Géorgie il y a plus de 8000 ans, un cheminement de plusieurs millénaires a conduit la vigne jusqu'au sud-ouest de la France. Les Phocéens auraient introduit la culture de la vigne en Gaule vers le VIe siècle av. J.-C., suivi par les Romains qui, dès le Ier siècle de notre ère, ont développé la viticulture, notamment dans la région de Bordeaux.
Le vignoble bordelais a connu une profonde évolution de son encépagement. Au Moyen Âge et jusqu'au XIXe siècle, la diversité des cépages cultivés était bien plus grande qu'aujourd'hui. Les archives et les découvertes récentes, notamment grâce au travail de Jean-Baptiste Duquesne, révèlent l'existence de plus de 50 cépages aujourd'hui peu connus ou disparus dans la région. Cette richesse variétale était la norme avant une série de crises majeures. La crise de l'oïdium à Bordeaux, puis le phylloxéra au XIXe siècle, ont décimé une grande partie du vignoble, ouvrant la voie à une reconstruction orientée vers les cépages considérés comme les plus résistants ou les plus qualitatifs à l'époque, tels que le Cabernet-Sauvignon, le Merlot ou le Sémillon. Cette période a également vu émerger de nombreux hybrides, souvent bannis par la suite, comme l'Isabelle (hybride interdit) ou le Jacquez (hybride interdit), témoignages d'une viticulture en quête de solutions.
L'évolution de la viticulture française a été fortement marquée par l'émergence des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC) à partir de 1935. Cette réglementation, établie pour garantir la qualité et l'origine des vins, a eu pour conséquence une standardisation progressive de l'encépagement. Chaque cahier des charges d'AOC a défini une liste restreinte de cépages autorisés, écartant de fait de nombreuses variétés historiques. Cette sélection a été accentuée par les gelées dévastatrices de l'hiver 1956, qui ont réduit de moitié le vignoble girondin, poussant les vignerons à replanter massivement les cépages les plus reconnus ou les plus résistants du moment. Ainsi, ce qui est perçu aujourd'hui comme l'encépagement "traditionnel" de Bordeaux est en réalité une construction relativement récente, datant du milieu du XXe siècle, comme le rappelle Jean-Baptiste Duquesne.
Contrairement aux idées reçues, la notion de "terroir" et son impact sur la qualité du vin n'est pas une découverte récente. Dès le XVIIe et le XVIIIe siècle, des auteurs tels que Claude Masse observaient déjà des différences de qualité entre les vins produits sur un même terroir, mais avec des pratiques culturelles différentes. Cela met en lumière l'importance des acteurs, paysans ou bourgeois, dans la conduite du vignoble, et leur capacité à mobiliser des moyens financiers pour les fumures ou les travaux de la vigne. L'histoire a également montré que la capacité du vigneron à trouver des débouchés commerciaux a toujours été un facteur déterminant pour la valorisation de ses vins. Ce n'est donc pas seulement la terre qui fait la qualité, mais bien l'interaction complexe entre le sol, le climat, la plante et l'humain.
À Château Cazebonne, cette riche histoire nous inspire, en particulier l'évolution de l'encépagement bordelais. Notre démarche de replantation de cépages oubliés, comme le Saint-Macaire ou le Bouchalès, vise à retrouver une partie de cette diversité perdue. Nous nous inscrivons dans une volonté de comprendre les raisons qui ont conduit à la simplification de l'encépagement et de réintroduire ces variétés ancestrales. Ces choix, loin d'être anecdotiques, enrichissent nos vins et révèlent de nouvelles facettes du terroir bordelais, tout en contribuant à la biodiversité viticole. Cette approche est une manière de faire le pont entre notre héritage et l'avenir des vins de Bordeaux, en explorant des profils aromatiques et des résistances naturelles qui pourraient s'avérer précieux face aux défis climatiques actuels.
Notre compréhension de l'histoire de la vigne et du vin s'appuie sur une exploration minutieuse des sources documents. Un livre sur l'histoire des cépages de Bordeaux de Jean-Baptiste Duquesne s'est avéré être une référence précieuse. Son travail, qui a consisté à fouiller des documents anciens et à recenser les cépages disparus de Bordeaux, offre une perspective éclairante sur l'évolution du vignoble. L'auteur y met en lumière comment des facteurs tels que les maladies (l'oïdium, le phylloxéra, le black-rot), les préférences du marché et les politiques agricoles ont façonné le paysage viticole que nous connaissons aujourd'hui. Il rappelle que la qualité d'un vin fut longtemps un marqueur social, la capacité de trouver des débouchés commerciaux influençant le choix des cépages cultivés et des techniques de vinification. Ces éléments historiques guident nos choix au quotidien et nous aident à réinterpréter la notion de terroir.
Ce projet ambitieux de redonner vie aux cépages oubliés est rendu possible grâce au soutien indéfectible de nombreux amateurs qui, en choisissant nos vins, nous permettent de poursuivre cette aventure. Pour explorer davantage cette histoire passionnante et découvrir le marché des vins de Bordeaux et les coulisses de notre démarche, n'hésitez pas à télécharger la version numérique du livre "Bordeaux, une histoire de cépages" via notre page dédiée. Si vous souhaitez tester vos connaissances sur le monde du vin et ses anecdotes, nos quizz œnologiques sont à votre disposition. Enfin, pour goûter le fruit de notre travail et découvrir nos cuvées issues de ces cépages rares, rendez-vous sur notre boutique en ligne.
Sources
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