L'incontournable92/100 RVFComme en 1900 rouge 2022
Vin de France — cépages d'antan, 92/100 RVF
L'assemblage bordelais d'avant phylloxéra, ressuscité au domaine.
Castets, Mancin, Pardotte : le Bordeaux d'avant le Bordeaux.
J'en profiteLe vignoble bordelais, réputé mondialement pour ses vins emblématiques issus d'une sélection rigoureuse de quelques cépages, n'a pas toujours été aussi uniforme. Avant le XIXe siècle, une multitude de variétés cohabitaient, constituant un patrimoine ampélographique riche et diversifié. Ces « cépages d'antan » ou « cépages oubliés » sont aujourd'hui au cœur d'une démarche de redécouverte, motivée par la recherche de biodiversité et l'adaptation aux défis climatiques.
Un cépage d'antan, souvent appelé « cépage ancien » ou « cépage oublié », désigne une variété de vigne qui était autrefois cultivée de manière significative dans une région viticole, mais qui a progressivement été délaissée au profit d'autres cépages. Pour Bordeaux, cette notion recouvre les variétés qui ont disparu ou sont devenues marginales suite aux crises viticoles (oïdium, phylloxéra, mildiou) du XIXe siècle et aux politiques d'encépagement du XXe siècle, notamment avec la mise en place des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC). Ces cépages représentent une part de l'histoire et de la biodiversité du vignoble, et leur potentiel est aujourd'hui réévalué.
La simplification de l'encépagement bordelais est une « construction récente », majoritairement la conséquence de crises successives et de choix économiques et réglementaires. Avant les grandes crises du XIXe siècle, les vignobles étaient bien plus hétérogènes. L'arrivée de maladies comme l'oïdium, puis le phylloxéra, a décimé une grande partie des vignes, forçant les viticulteurs à replanter. La replantation s'est souvent orientée vers des cépages considérés comme plus résistants ou productifs, et surtout, qui étaient capables de s'adapter au porte-greffe américain. Par la suite, les critères des AOC, établis à partir de 1935 et renforcés après les gelées de 1956, ont officialisé un panel restreint de cépages, favorisant ceux qui avaient bâti la réputation mondiale de Bordeaux au détriment de nombreuses variétés locales. Le « terroir » était souvent perçu au XVIIe et XVIIIe siècles comme une expression sociale, où les paysans étaient contraints de choisir des cépages productifs et modestes faute de moyens, tandis que les propriétaires plus aisés pouvaient se permettre des cépages plus exigeants, mais qualitatifs.
De nombreux cépages rouges autrefois courants dans le Bordelais sont tombés dans l'oubli. Certains, comme le Béquignol, sont mentionnés dans la littérature en association avec le Fer Servadou, et Château Cazebonne travaille à leur réintroduction et vinification. Le Mérille, présent en Gironde sous différentes formes, a également été replanté. Le Penouille, connu sous le nom de Pelaouille dans les Graves, intrigue par sa description de vins « mous et plats », mais sa réexploration fait partie de cette démarche. Plus récemment, des cépages comme le Cabernet-Malbec, créé au XIXe siècle par Jean Élie, ou le Cabernet-Goudable, laissent entrevoir un potentiel pour l'avenir du vignoble. D'autres, comme le Saint-Macaire, le Castets, le Bouchalès, le Mancin, ou le Pardotte sont également emblématiques de cette richesse perdue.
La situation pour les cépages blancs est similaire. Si le Sauvignon, le Sémillon et la Muscadelle dominent aujourd'hui, d'autres variétés comme le Blanc Verdet, le Colombard, le Meslier Saint François, le Mauzac, le Ondenc ou le Monbadon constituaient autrefois une partie non négligeable de l'encépagement blanc. La redécouverte de ces variétés offre des perspectives intéressantes pour des assemblages originaux et des profils aromatiques renouvelés, en phase avec les attentes des consommateurs et les exigences d'une viticulture plus résiliente face au changement climatique. C'est dans cet esprit que certains domaines, dont Cazebonne, s'engagent dans la replantation et l'expérimentation de ces précieux témoins du passé.
Château Cazebonne s'investit passionnément dans la redécouverte et la replantation de ces cépages bordelais qui avaient failli disparaître. Ce travail de mémoire et d'avenir est documenté dans notre livre « Bordeaux, une histoire de cépages », que vous pouvez télécharger pour approfondir vos connaissances. Pour tester votre expertise en la matière, n'hésitez pas à participer à nos quizz œnologiques. Et si vous souhaitez soutenir cette démarche et découvrir le fruit de nos efforts, nous vous invitons à explorer notre sélection de vins sur notre boutique en ligne.
Sources
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