L'incontournable6 × Entre Amis rouge
6 bouteilles — Graves rouge 2022
Prix le plus bas de la cave : 12 € la bouteille livrée chez vous.
Le rouge de tous les jours, gourmand et sans détour.
J'en profite
Le vignoble bordelais, riche de son histoire et de son prestige, se trouve aujourd’hui à un carrefour crucial. Les attentes des consommateurs évoluent, rendant inévitable une remise en question profonde du profil de ses vins. Il ne s’agit pas de renier notre histoire, mais de l’adapter aux réalités contemporaines, comme cela a toujours été le cas au cours des siècles, face aux crises ou aux évolutions des marchés.
Historiquement, le modèle bordelais, avec sa répartition du travail entre propriété et négoce (la propriété fait le vin, le négoce le vend), a créé une déconnexion entre les producteurs et les consommateurs. Les retours du marché peinent à remonter, et les vignerons peuvent ainsi avoir du mal à saisir les nouvelles attentes. De nombreux consommateurs perçoivent encore les Bordeaux comme trop tanniques. Il n'y a pourtant pas de fatalité à ne faire que des vins tanniques à Bordeaux. Et d'ailleurs les profils de vins proposés par les propriétés sont nombreux, et incluent des vins plus faciles à boire dans leur jeunesse. La demande s’oriente depuis des années vers des vins frais, moins alcoolisés et plus fruités. C'est un virage que Bordeaux a pris, mais bien trop timidement.
Les modes de consommation ont considérablement évolué. Le repas structuré cède la place à l'« apéro improvisé », où les vins tanniques et capiteux peinent à trouver leur place. Cela explique pour grande partie pourquoi le consommateur citadin recherche la fraîcheur, des tanins souples, des vins faciles à boire. Cette tendance est particulièrement marquée dans les villes, et les vignobles du Sud comme Bordeaux, traditionnellement plus ensoleillés, doivent s’y adapter.
L’encépagement bordelais actuel, dominé par le Merlot et le Cabernet-Sauvignon, s’est construit dans un climat tempéré, notamment dans les années 60, où les plantations de Merlot se développent fortement.
J'ai publié, il y a quelques mois, une affiche de pépiniériste des années 60, montrant la diversité de cépages que l'on pouvait encore planter à l'époque en Gironde. Le Merlot est depuis omniprésent dans les vignes. A cette époque, avait beaucoup de qualité : du goût, du degré (et c'était à l'époque une qualité cardinale), et une sensibilité au mildiou qui n'était pas encore perçue comme une faiblesse rédhibitoire (le climat printanier était frais, et les traitements arrivaient aisément à contenir le champignon).
Ces cépages que l'on a choisit, donne aujourd'hui trop d'alcool, ont des acidités trop basses, le mildiou devient impossible à tenir avec des pluviométries fortes et températures élevées au printemps.
Par le passé, le vigneron s'est toujours adapté et a choisi les cépages les adaptés à son terroir (ce qui inclut bien évidemment le paramètre du climat). Le climat change, pourquoi ne devrions nous pas nous adapter.
Avec le réchauffement climatique, les étés deviennent extrêmes, les maturités s’accélèrent. Les raisins montent rapidement en sucre, entraînant une baisse des acidités et une hausse des pH. Des millésimes comme 2026 montrent des Merlots dépassant 14 degrés avec des pH supérieurs à 3,7, parfois 4, éloignant ces vins de la fraîcheur recherchée. Bordeaux n’a plus un climat tempéré. Ou plutôt Bordeaux peut encore connaître des années plus tempérées (2021, 2024), mais les millésimes extrêmes se multiplient (2020, 2022, 2025, 2026).
Nous n'avons pas d'autre choix.
Il faut que l'on remette le client au centre du jeu. C'est lui qui achète nos vins, nous devons lui proposer les vins qui répondent à ses attentes, à ses instants de consommation.
Pour cela, il va falloir que l'on réajuste notre encépagement. Je ne parle pas d'arracher toutes nos parcelles de Merlot. Je préconise d'autoriser dans nos appellations, des cépages à plus forte acidité, plus tardifs, aux degrés d'alcool moindres. En assemblage, ces cépages peuvent tempérer l'ardeur de nos Merlots.
Nos vinifications 2026 révèle de magnifiques lots de cépages anciens aux degrés maitrisés (autour de 13 degrés). Je pense notamment au Jurançon noir, au Bouchalès.
Nous avons autorisé à Bordeaux de replanter du Castets dans le cadre du programme des VIFA. C'est à mon avis une erreur. Le Castets est plutôt précoce (comparable au Merlot), présente aussi des degrés élevés (supérieur à 14° cette année, et même 15° sur une parcelle). Ses pH ont été proches de 4.
Depuis deux ans, nous avons cessé de vinifier le Castets en mono-cépage. Les vinifications sont difficiles dans ces conditions d'alcool et d'acidité. Nous cofermentons désormais le Bouchalès avec le Castets et cela se passe très bien. Nous avons obtenu un vin autour de 13,5° avec une magnifique expression aromatique.
A l'heure, où j'écris ces lignes (26 septembre), nous n'avons toujours pas vendangé nos cépages tardifs : Mancin, Carménère, Saint-Macaire (sur une parcelle taillé très tard), Béquignol, Gros Verdot, Petit Verdot...
Nous devrions les rentrer au 1er octobre et ils sont magnifiques. Pas mal, pour une année caniculaire comme 2026 !
L’idée de perdre une « typicité » bordelaise me parait un débat d'arrière garde. L’histoire du vignoble montre que la typicité a toujours évolué. En fonction du climat, en fonction des modes de consommation et des techniques. Roger Dion le montre très bien dans son ouvrage : Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle.
La nature et l'existence du vin est intimement lié aux marchés que celui-ci peut ouvrir et s'installe près des fleuves, près des villes.
Nous avons une force, c'est celle de l'assemblage.
Elle nous permet d'évoluer dans la continuité, d'introduire de nouveaux cépages et de faire évoluer doucement nos profils profils produits.
Pourquoi s'en priver ?
Sources
Nos suggestions
-5%sur votre 1re commande avec le code BIENVENUE
L'incontournable6 bouteilles — Graves rouge 2022
Prix le plus bas de la cave : 12 € la bouteille livrée chez vous.
Le rouge de tous les jours, gourmand et sans détour.
J'en profite
Notre recommandation92/100 RVF6 bouteilles — Graves rouge 2022, 92/100 RVF
Noté 92/100 par La Revue du vin de France : une garde de 10 ans assurée.
Notre Graves de garde, la plus belle porte d'entrée du domaine.
J'en profite
Pour aller plus loin12 bouteilles — toute la gamme
12 bouteilles, toute la gamme goûtée : le meilleur rapport découverte/prix.
Le tour complet du domaine, en une seule caisse.
J'en profite
26 septembre 2026
Par Jean-Baptiste